La route, c’est le point noir de nos vacances, et ce n’est pas Bison futé mais Poule maligne qui vous le dit…
Dans notre monospace résonnent encore les cris du fameux été 2006:
Elliot a 11 mois, et nous, pas mal de route à faire, ça ne semble pas compatible…
Mais tiens dit donc, le Raphael il n’aurait pas justement 10 mois, et 10 mois, c’est tout proche de 11...d’autant qu’aux vacances d’avril nous avons pu constater qu’il était très en avance sur
son age en matière de pétage de plomb contagieux en voiture…
Et puis cette fois ce n’est pas un Döringstadt-Paris qu’il s’agit de faire, ni même un petit Döringstadt-Poitiers…non, non, non, cette fois, nous nous lançons dans le Döringstadt-Ile de
Ré…
Le Bibendum nous informe d’un temps de net de route, sans enfant et sans pause de 13 heures…
Nous allons rouler de nuit propose mon mari.
Nos enfants, dans des conditions optimales d’endormissement, dorment 10.11 heures maximum, il va leur falloir un somnifère.
Ou il va nous falloir des nerfs d’acier.
La pharmacienne nous conseille les nerfs d’acier et refuse de nous délivrer autre chose que des inoffensives granules homéopathiques
Finalement, nous partirons pendant la sieste, vers 14 heures, sachant pertinemment que nous ne pourrons pas rouler entre 17 et 20 heures, les heures noires de Raphael en voiture.
Sauf que les heures noires, en raison d’un soleil en pleine poire (forcément, Döringstadt-Ile de Ré en roulant vers l’est ça risquait de nous prendre du temps…) elles ont duré jusqu’à 22 heures.
Et qu’elles se sont répétée à chaque barrière de péage, à chaque pause pour changer de conducteur, fumer une cigarette ou faire un pipi…
Donc nous nous sommes très peu arrêtés.
Et nous avons passé le pont de Ré à 4h30 du matin.
Sauf que ma maman nous attendait vers 7 .8 heures du matin.
Du coup on a tenté une dernière pause de l’autre coté du pont, histoire de voir si les enfants nous permettraient une mini sieste dans la voiture, histoire que papi et mamie ne se lèvent pas
avant le soleil.
Même Elliot s’est réveillé.
On avait le choix entre une balade sur la plage, à 5 heures du matin avec deux enfants en bas age et en pyjama
ou réveiller les grands parents.
On a réveillé les grands parents, et on a commencé à chercher la solution miracle pour le voyage du retour.
(que nous n’avons pas trouvé, mais le dieu des enfants insupportables en voiture avait changé de cible et ça ne s’est pas si mal passé…)
À suivre, si le temps est favorable, si le vent est bon, si la marée le veut bien:
Les poussins à la plage
Les poussins et des filles
Les dents des Poussins
Les poussins rentrent au bercail
Elliot a 4 ans aujourd'hui.
Il fait pipi debout.
La vie du dedans de mes fils, EXCLUSIF!
Il se passe plus de choses dans la bouche de Raphael que dans le nez d’Elliot.
J’y ai trouvé, baveux, et pas en même temps:
- des dents
Mais nooon, je plaisante…
Plus sérieusement j’y ai trouvé, un casque de playmobile (grosse frayeur), une mouche morte (gros beurk), la moitié de ma carte de fête des mères (de toutes façons, c’est pas Elliot qui avait
fait le découpage, "c’est Sandra" qu’il m’a dit, et Sandra c’est la « maîtresse ») et un papier de bonbon très mâchouillé.
Quand j’y retrouverai le tube de crème solaire que j’ai perdu, je vous préviendrai.
Jouons ensembles: les expériences amusantes
Placez un Raphael dans une chambre d’adulte.
Disposez prés de lui, à sa hauteur, Un livre cartonné pour enfant, un Kiki (30 ans d’age), un dictionnaire français allemand, très grand format, assez cher.
Légèrement en hauteur, disposez, un chat endormi, un radio réveil et une carte de fête des mères.
Laissez le seul un court instant (genre, le temps de faire pipi)
À votre retour, quels sont les deux seuls éléments que vous retrouvez intacts et à leur place d’origine?
Le livre cartonné pour enfant et le Kiki (bien que ce dernier ait un pied humide, ce qui laisse supposer que le sujet de notre expérience y a brièvement goûté et l’a de suite
délaissé)
Le reste est en vrac, y compris le Raphael, retrouvé popo en l’air et tête semi coincée sous le lit…
Le chat est particulièrement marqué par l’expérience…la pauvre bête est restée prostrée, des heures durant, sous le lit.
La vie des bêtes:
Elliot s’interroge…moi aussi du coup.
À table devant un joli filet de poisson, sans tête donc, sans arrêtes, sans écailles, bref sans être pané, on était assez éloigné de l’animal de base…
Elliot me demande, « il nageait hier le poisson? »
J’ai voulu faire bref, afin de ne couper l’appétit de personne…
J’aurai pu lui expliquer qu’après avoir bien nager, le poisson est venu se reposer dans un grand congel et que vu la distance qui nous sépare de la mer, bah, c’est pas plus mal…
À la place j’ai dit:
« je ne le connaissais pas personnellement ce poisson, je ne l’ai pas pêché moi-même, je ne sais pas quand il a nagé pour la dernière fois. »
Elliot me répond
« parce qu’il est allemand! »
« hein????? »
« tu ne le connaissais parce qu’il est allemand le poisson »
Ah…c’est triste quand même cette stupide barrière de la langue qui m’empêche de communiquer avec le poisson avant de le bouffer…
Voila un an que je n’ai pas prononcé cette phrase, « Cabinet x, Mélanie H, bonjour ».
Un an que je n’ai pas essayé de vendre une assurance, un an que je n’ai pas écrit les mots « dégâts des eaux », un an que je n’ai pas bu de nescafé, un an que je n’ai pas regardé ma
montre en stressant dans un bouchon, un an que je n’ai pas mangé de Risotto au saumon surgelé, un an que je ne me suis pas pris de pv…
Bref, un an que je n’ai pas bossé.
Présenté comme ça, je crois que vous l’aurez compris, ça ne m’a pas tellement manqué.
Bien sûr il y a eu de longues journées aux enfants insiestables, de la pluie sur mes carreaux et quelques cris dans mon appart, bien sûr.
Bien sûr, je change plus de couche en une semaine passée avec Raphael qu’en 3 ans avec Elliot, bien sûr…
Bien sûr il y a un petit quelque chose qui me manque, ce n’est pas mon collègue aux odeurs incommodantes …ce serait plutôt un détail du genre, un salaire de 4 chiffres viré à la fin du mois…
En un an, deux trois petites choses ont changé dans ma vie, pour le meilleur, assez rarement pour le pire.
J’étais une femme active, mère d’un enfant, vivant en région parisienne.
Je suis une mère au foyer, de deux enfants, je vis à la campagne en Allemagne.
Des détails quoi…
3 fois rien, qu’on ne regrette pas, des choix qui nous ont coûté (au propre comme au figuré) qui nous ont stressés, qui nous ont angoissés, enfin, moi surtout, mais qui sont bons pour mon mari,
pour mes enfants, peut être même pour le chat…
Et qui sont bons pour moi.
Et ça ce n’est pas rien.
Parce que voici un an que j’ai changé de vie et,
Je n’ai pas ressorti le tricot commencé durant ma grossesse d’Elliot.
Je ne passe pas la serpillière additionnée de 2 cuillères de ceci et de 3 pincées de cela, chaque jour.
Je ne porte pas de jooging rose avec mes Birkenstock.
Je prend ma douche, je me brosse les dents AVANT d’accompagner Elliot au Kindergarten
Je n’appelle pas mon mari « papa ».
Je ne sais toujours pas de quoi est fait le Mereedisch
Je ne pleure pas quand je fais manger un petit pot à Raphael.
Je n’ai pas acheté de patins pour les invités.
Je n’ai pas fait dégriffer Agrippine.
Il semble donc que je sois sortie indemne de cette année passée en mère au foyer de 2 enfants à la campagne…
Alors, je souhaite un bon anniversaire, avec tous mes vœux de bonheur, à ma nouvelle vie.
Le temps de mars que nous avons en juillet ne nous a pas aidé à cacher plus longtemps l’existence maléfique de la Wii dans notre foyer.
Bien sûr l’apparition d’un nouveau boîtier près de la télé a suscité quelques interrogations de la part d’Elliot.
Le « c’est un truc pour améliorer la qualité des dessins animés » a très bien pris.
En revanche, lorsqu’il est tombé sur les télécommandes dans un tiroir, le « c’est au cas où l’autre télécommande tombe en panne » l’a laissé un peu plus perplexe…
L’oubli de la boite du jeu Mario Kart sur la table basse l’a définitivement rendu suspicieux à notre égard…
On s’en est tiré comme on a pu…devant ses exclamation, « regarde papa, c’est pour jouer avec un volant! », j’ai bien cru que mon mari allait faiblir, il fallait agir vite.
J’ai couru jusqu’à ma chambre où hors d’haleine, j’ai sorti le transpalette miniature, celui là même que j’avais réservé au matin miraculeux où la couche de nuit serait sèche.
J’ai recouru jusqu’au salon où j’ai brandi mon transpalette comme un cheveux sur la soupe.
La distraction d’Elliot a été de courte durée, juste le temps de planquer le jeux en lieu sûr, à plus d’un mètre et des brouettes du sol.
En regardant notre fils innocent jouer avec son transpalette, on a commencé à se sentir légèrement mal à l’aise, mon mari surtout, moi, je manque de scrupules lorsqu’il s’agit de protéger mes après midi de femme au foyer.
La semaine dernière, il a aperçut, au dessus du frigo, dans le débarra, la grosse boite qui avait le jeu et le volant de Mario Kart, il s’est pris au piège tout seul en criant « Maman, c’est
le jeu avec le volant, tu sais comme mon volant Bobby Car! »
2.3 semaines plus tôt je lui avait acheté un nouveau volant pour remplacer celui au klaxon éventré de son Bobby Car d’occasion.
Du tac au tac, comme si j’étais une pro du mensonge au enfants, j’ai répondu « oh, la boite du volant du Bobby Car, j’ai oublié de la jeter ».
L’histoire aurait pu s’arrêter là, on aurait continué à jouer à la Wii en cachette, peinards après le coucher des enfants, comme des adultes responsables.
C’était sans compter sur la conscience inconsciente de mon mari…
Lorsque je lui ai raconté ce dernier mensonge, son menton a tremblé, ses yeux sont devenus humide, et il m’a dit « arrêtons là, Mélanie, soyons honnêtes, ça ne peut plus continuer comme ça, je ne me supporte plus cette double vie…Il est temps de révéler à Elliot l’existence de Wii ».
Ce qu’il a fait, passant du camp des méchants tortionnaires à celui du héros.
Afin de préserver ma tranquillité de l’après midi, je passe dans le camp de l’imbécile heureuse, je ne sais pas comment ça marche, je ne sais pas l’allumer, c’est le jeu de Papa, on n’y touche pas en l’absence de Papa.
Ce mensonge, là, bizarrement Elliot y croit sans problème, il a bien compris que la Wii, c’est comme le simulateur de vol sur PC ou l’aspirateur, Maman n’y comprend rien.
Il y a bien longtemps, mais pas trop quand même, lorsque nous étions un jeune couple, amoureux et confiant, j’ai trouvé un truc étrange en fouillant dans un placard de feu son chez lui.
Un short très très moulant en lycra noir et brillant.
*consternation*
N’ayant pas croisé de vélo dans l’entrée du 2 pièce, j’en ai conclu que sa précédente petite amie était sportive et anorexique.
En fouillant d’avantage, je trouve le petit haut qui va avec le cycliste.
Un joli maillot brillant aux couleurs de l’Allemagne.
*enfer et damnation*
Une athlète, donc…j’espère que c’était elle l’erreur de casting parce que visiblement, on n’a pas le même profil.
N’ayant pas atteint le fond du placard de Barbe Rouge, je continu mes travaux archéologiques
Et je trouve entassée en vrac la dépouille…de l’ancienne vie d’homme svelte et sportif de celui qui deviendra mon mari.
Des coupes, des médailles, et une photo qui explique tout.
Une fois remise du choc, (cheveux, look, ligne à décoller les affiches) j’interroge mon champion.
Mon champion de Vélo Artistique.
Me voila bien avancée…
Il m’explique dans le français approximatif de nos débuts:
« on fait des trucs avec des vélos sans frein »
Beurk…c’est dégueulasse, faire des trucs avec des vélos sans défense…
« c’est comme ça que je me suis cassé le nez »
Ah, bien fait, le vélo il s’est défendu.
« on fait des rondes sur une seule roue en se tenant la main par exemple »
« et dans l’autre il y a une bière? »
Rhooooooo, je plaisante, chuis épatée, mon mari est champion d’Allemagne de vélo artistique.
Je serais sans doute d’avantage épatée si c’était d’un sport que je connaissais.
C’est sûr.
Du coup samedi dernier, nous sommes passés à un championnat, histoire de voir en vrai ce que ça donne.
Entre 2 regards à Raphael escaladant les gradins, entre 2 essuyages d’Elliot qui mangeait une glace, j’ai pu constater que ce n’était pas si évident ce sport étrange aux vélos au look rétro.
C’est même assez impressionnant de les voir faire.
Impressionnant mais rapidement lassant puisque toutes les équipes font grosso modo la même chose, on ne s’est pas trop attardés, et après la question qui tue, nous sommes partis, bizarrement Stephan n’a pas insisté pour rester:
« Elliot, tu voudras faire du vélo artistique quand tu seras plus grand? »
« non, c’est plutôt pour les filles. »
La plus récente, Raphael a 9 mois